Tu viens d’apprendre que ton tendon de la coiffe des rotateurs est déchiré ? C’est normal de ressentir un mélange d’inquiétude et d’incertitude. Cette nouvelle peut faire peur, surtout quand on aime rester actif. Mais respire un bon coup : une déchirure du tendon de l’épaule n’est pas une fatalité, et dans la majorité des cas, les choses peuvent vraiment bien se passer.
Dans cet article, je vais te guider à travers tout ce que tu dois savoir sur cette blessure. On va parler des symptômes, des causes, des traitements possibles, et surtout, je vais te donner les clés pour comprendre ta situation et prendre les bonnes décisions.
La coiffe des rotateurs, c’est un ensemble de quatre muscles et tendons qui enveloppent ton articulation de l’épaule comme une coiffe (d’où son nom). Ces muscles sont :
Ces tendons maintiennent la tête de l’humérus (l’os du bras) bien centrée dans la glène (la partie creuse de l’omoplate). Ils permettent la mobilité de ton épaule tout en assurant sa stabilité.
Une déchirure (ou rupture) du tendon, c’est quand les fibres du tendon se rompent partiellement ou complètement. Ça peut arriver de deux façons :
1. Traumatique : suite à une chute, un choc violent, ou un mouvement brusque (plus fréquent chez les jeunes sportifs)
2. Dégénérative : par usure progressive du tendon avec l’âge (la cause la plus courante après 40 ans)
Et voici un chiffre qui devrait te rassurer : selon les études scientifiques publiées sur (Management of rotatr cuff injuries) environ 30% des personnes de plus de 60 ans ont une déchirure de la coiffe, et 62% des plus de 80 ans. Et devine quoi ? La plupart d’entre elles n’ont aucun symptôme !
Parlons franchement. Tu te demandes sûrement : “Est-ce que ma douleur est normale ? Est-ce que ça va empirer ?”
Voici ce que tu peux ressentir selon les recommandations de la HAS :
La douleur
La faiblesse
La limitation fonctionnelle
C’est un point crucial à comprendre. De nombreuses études, notamment celle publiée dans le Journal of Shoulder and Elbow Surgery, montrent que des déchirures peuvent être présentes sans causer de douleur ou de gêne.
En fait, ton corps est parfois capable de compenser grâce à l’action des autres muscles de l’épaule. C’est pourquoi certaines personnes découvrent une déchirure par hasard lors d’une IRM faite pour autre chose.
D’après les données scientifiques de StatPearls, voici ce qui peut augmenter le risque :
L’âge
C’est le facteur numéro un. Avec le temps, les tendons perdent de leur élasticité et deviennent plus fragiles. C’est un processus naturel de vieillissement des tissus.
Les activités répétitives
Autres facteurs
Selon les études sur l’histoire naturelle des ruptures publiées dans (Natural History of Degenerative Rotator Cuff Tears), voici ce qu’il faut savoir :
Les déchirures ont tendance à s’agrandir avec le temps
Il n’y a pas de cicatrisation spontanée possible pour une rupture complète. L’évolution naturelle est un agrandissement progressif de la taille de la déchirure, un peu comme un accroc dans un tissu qui s’agrandit si on ne le répare pas.
Mais attention : évolution ≠ catastrophe
Les facteurs d’aggravation
-Tu as plus de 60 ans et la déchirure est récente
-Petite ou moyenne déchirure (moins de 3 cm)
-Pas d’atrophie musculaire visible à l’IRM
–La douleur diminue progressivement avec le repos et les premiers soins
–Tu arrives encore à bouger ton bras au-dessus de l’épaule
–Pas d’antécédents de rupture du même côté
-Jeune et actif (moins de 40 ans) avec rupture traumatique récente
-Grande déchirure (plus de 5 cm) ou rupture massive
–Atrophie musculaire importante (fonte du muscle visible)
–Infiltration graisseuse avancée des muscles (visible à l’IRM)
–Impossibilité totale de lever le bras (pseudo-paralysie)
–Migration de la tête humérale vers le haut (visible à la radio)
Selon l’American Academy of Orthopaedic Surgeons, ces critères aident à déterminer si un traitement conservateur suffit ou si une chirurgie est nécessaire.
C’est la première ligne de traitement recommandée par la HAS et l’immense majorité des protocoles internationaux.
Les piliers du traitement médico-fonctionnel
1. La gestion de la douleur
2. La kinésithérapie (LA clé du succès)
C’est ici que tout se joue. Un programme de rééducation bien mené peut faire des miracles.
Les objectifs de la kiné :
Le protocole type (sur 3 à 6 mois) :
Phase 1 (0-6 semaines) : Contrôle de la douleur, mobilisation passive douce, exercice de décharge.
Phase 2 (6-12 semaines) : Récupération des amplitudes actives, stretching capsulaire, début du renforcement isométrique
Phase 3 (3-6 mois) : Renforcement progressif, exercices fonctionnels, retour aux activités
Phase 4 (après 6 mois) : Programme d’entretien, prévention des récidives
3. L’éducation thérapeutique
Et voici le plus impressionnant : selon une méta-analyse publiée sur PubMed, le taux de succès du traitement conservateur varie entre 53% et 90% selon les études.
Certaines études montren que plus de 70% des patients traités par kinésithérapie seule obtiennent des résultats satisfaisants à 10 ans.
En d’autres termes : la majorité des gens s’en sortent très bien sans chirurgie.
La chirurgie n’est pas un passage obligé. Elle est envisagée dans des cas précis.
Indications chirurgicales (selon les recommandations AAOS) :
1. Groupe “chirurgie précoce”
2. Groupe “traitement conservateur d’abord”
3. Groupe “chirurgie palliative”
Les techniques chirurgicales
Les critères favorables au traitement conservateur :
Tu devrais sérieusement envisager la kinésithérapie si :
Tu devrais consulter un chirurgien si :
Alors, dois-tu t’inquiéter d’une déchirure du tendon de l’épaule ? La réponse honnête est : ça dépend de ta situation, mais dans la grande majorité des cas, tu peux très bien t’en sortir.
Retiens ces points essentiels :
✅ Une déchirure n’est pas une urgence chirurgicale (sauf rares exceptions)
✅ Le traitement conservateur marche dans 70 à 90% des cas
✅ La kinésithérapie est ton meilleur allié
✅ L’âge n’est pas un obstacle (au contraire, les plus âgés répondent souvent mieux au traitement conservateur)
✅ Tu as le temps de bien réfléchir à tes options
✅ L’évolution naturelle n’est pas toujours catastrophique
Ton prochain pas ?
Ne reste pas seul face à cette situation. Prends rendez-vous avec un professionnel spécialisé en pathologie de l’épaule qui pourra t’évaluer, te rassurer, et te proposer un plan de traitement personnalisé.
Tu veux reprendre le contrôle de ton épaule et retrouver tes activités ? Je suis là pour t’accompagner dans ce parcours.
Que tu sois à Bayonne, Biarritz, Anglet, Bidart, Guéthary, Ascain ou dans un petit village de l’intérieur, je propose une prise en charge spécialisée des douleurs d’épaule, avec un bilan initial en cabinet à Saint-Jean-de-Luz, puis un suivi sur mesure à distance, où que tu sois dans le Pays Basque.
Avec mon suivi à distance :
Ça dépend. Tu peux maintenir une activité cardiovasculaire (vélo, course à pied) si sans douleur. Par contre, évite temporairement :
Parles-en avec ton kiné pour adapter ton entraînement.
Pas forcément. Les petites déchirures peuvent rester stables pendant des années, surtout si tu maintiens une bonne musculature de compensation. Les risques d’agrandissement augmentent avec :
Absolument ! De nombreuses personnes vivent très bien avec une rupture, surtout si elle est asymptomatique ou bien compensée. La clé : maintenir une bonne force musculaire autour de l’épaule.

Iban Berasategui, je suis kinésithérapeute sur Saint Jean de Luz au coeur du Pays Basque depuis 2017.
Je suis spécialisé dans les pathologies de l’épaule chez le sportif.
Je réalise des bilans au cabinet et propose des suivis personnalisé à distance depuis la Côte Basque (64).